Entretien

Alexis Keller : « Pour savoir jusqu’où l’autre peut aller, il faut savoir jusqu’où son identité lui permet d’aller »

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Cet article est issu du numéro 17 de Philosophie magazine « 17 - mars 2008 », en kiosque le 28 février 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Alexis Keller est l’un des seuls négociateurs, qui plus est philosophe, qui peut se targuer d’avoir abouti à un accord de paix détaillé entre Israéliens et Palestiniens. Signé en Jordanie, le 12 octobre 2003, l’Accord de Genève est un plan de paix alternatif conclu par d’anciens responsables politiques et militaires des deux bords. De nationalité suisse, ce docteur en droit et en sciences politiques, professeur à la faculté de droit de Genève, est aussi l’auteur de What is a Just Peace? (avec Pierre Allan, Oxford University Press, 2006).

 

L’accord de Genève est fondé sur le partage de souveraineté pour Jérusalem, l’évacuation par Israël de la Cisjordanie et l’indemnisation des réfugiés palestiniens. Quels sont les principes « philosophiques » qui vous ont permis d’aboutir ?

Alexis Keller : Jusqu’alors, il n’y avait d’accord que sur des processus. Avec celui-ci, quelque chose de nouveau s’est mis en place, fondé sur une idée simple : commencer par un accord définitif, aller au bout du tunnel pour revenir ensuite au processus. Comment demander aux Palestiniens d’arrêter les violences et de s’engager dans un processus sans leur donner une idée claire de l’accord final ? Comment demander aux Israéliens d’accepter des concessions sécuritaires sans indication sur la nature du futur État voisin ?

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