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Alexis Lavis : “La population veut être soignée et en même temps le refuse”

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Alexis Lavis : “La population veut être soignée et en même temps le refuse”

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Nous voulons tous, d’une manière ou d’une autre, être protégés du Covid-19. Et pourtant, nous nous méfions du vaccin. Pourquoi ? Au-delà des théories complotistes, cette hésitation atteste, pour le philosophe Alexis Lavis, de l’ambivalence des politiques mobilisées pour faire face à la pandémie : à une logique de soin, tournée vers la protection des personnes, à laquelle nous consentons volontiers, s’oppose une logique gestionnaire, « totalitaire par nature », dont nous sentons qu’elle menace nos libertés.

 

« Je vis et enseigne la philosophie à Pékin. Pour l’instant, il n’est pas vraiment question de vaccination en Chine. Il existe apparemment un vaccin, mais sans obligation de le prendre. Il semble s’agir d’un vaccin classique, par virus inactivé, et il n’est sans doute pas dangereux pour la santé. J’irai me donc faire vacciner si j’y suis contraint, soit par l’université, soit pour prendre l’avion... Mais pour le moment, aucune demande ne m’a été faite en ce sens. On ne me l’a même pas proposé lors de ma récente visite médicale, et je ne l’ai pas demandé.

Le rapport au vaccin est très différent en Chine et en France. La population française est beaucoup plus politique, et en cela plus consciente d’être un principe de décision – ce qui est moins le cas en Chine. En outre, ce qu’on propose aux Français n’est pas un vaccin traditionnel mais une formule fondée sur des organismes génétiquement modifiés. Les gens ont donc raison de s’alerter, d’autant que les délais de délivrance de ces vaccins sont extrêmement brefs et qu’on se méfie légitimement des industries pharmaceutiques dont la vocation mercantile, sinon contrevient, du moins dépasse toujours le strict cadre de la santé publique. 

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