Cinéma

“Anora” : le mariage serait-il une prostitution déguisée ?

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“Anora” : le mariage serait-il une prostitution déguisée ?

Mark Eidelstein et Mikey Madison dans “Anora”, de Sean Baker. © 2024 Anora Productions, LLC

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Sorti aujourd’hui en salles, le film de Sean Baker, Palme d’Or à Cannes, conte le destin d’Anora, une prostituée qui se voit proposée en mariage par un milliardaire russe. De quoi interroger la nature réelle des liens du mariage : simple engagement sentimental ou échange sexuel intéressé ?


[Attention, cet article révèle des éléments de l’intrigue.]

Longs cheveux bruns, peau laiteuse, déhanché sensuel. Ani le jour, Anora la nuit, l’héroïne du film de Sean Baker, interprétée par Mikey Madison, officie comme strip-teaseuse dans un club près de New York et, quand le portefeuille du client s’avère suffisamment convaincant, escort girl – soit prostituée de luxe. 

Princesse, carrosse et citrouille

Comme une autre Palme d’Or cannoise récente, le grisant Triangle of Sadness de Rubend Östlund, Anora est une satire des riches douce-amère, souvent extravagante, construite en trois parties : d’abord, la description du milieu de la nuit et de ses joyeux excès, puis l’euphorie de la jeune femme irréellement demandée en mariage par un milliardaire russe, et enfin le désenchantement. Le tout orchestré dans un dérèglement progressif drolatique qui ne se départ pas d’une certaine mélancolie : une fois la fête nocturne et l’after tourbillonnants passés, le carrosse de la « pretty woman » du XXIe siècle se transforme en citrouille. 

La bande-annonce d’Anora, de Sean Baker, en version originale sous-titrée en français.

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