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Antisémitisme sur les campus américains : que prévoit la liberté d’expression ?
Washington, DC (États-Unis), le 5 décembre 2023. De g. à dr. : Claudine Gay (présidente de l’université Harvard), Elizabeth Magill (présidente de l’université UPenn), Pamela Nadell (professeur d’histoire et d’études juives) et Sally Kornbluth (présidente du MIT), témoignent devant la commission chargée des questions d’éducation à la Chambre des représentants, qui a tenu une audience au sujet de l’antisémitisme sur les campus universitaires. © Kevin Dietsch/Getty Images/AFP
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Interrogées sur la question de savoir si appeler au « génocide des Juifs » était contraire à leur règlement, les présidentes de trois prestigieuses universités américaines ont expliqué que « cela dépendait du contexte ». Une réponse froide, qui a choqué et provoque actuellement une polémique sans précédent aux États-Unis. Mais qui, surtout, interroge : peut-on vraiment se retrancher derrière la liberté d’expression pour autoriser de tels propos ?
La vidéo a circulé en boucle la semaine dernière. Dans le cadre d’une enquête ouverte par le Congrès américain sur la gestion, par les universités, d’un « antisémitisme endémique » depuis les attentats du 7 octobre dernier, les présidentes de Harvard, du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de l’université de Pennsylvanie (respectivement Claudine Gay, Sally Kornbluth et Elizabeth Magill), étaient interrogées par l’élue républicaine Elise Stefanik la semaine dernière.
Celle-ci a commencé par demander aux présidentes si l’appel à une intifada sur les campus pouvait mener à des sanctions disciplinaires, avant de poser la même question concernant un appel sans détour au « génocide des Juifs ». Les réponses des universitaires se sont recoupées : « Cela dépend du contexte. » Même si la chose est en soi contraire aux « valeurs » de ces universités, disent-elles, la liberté d’expression – et en l’occurrence de paroles haineuses – prévaut. Dans cette optique, tout dépend si les paroles prononcées se muent en un comportement relevant de l’intimidation (« bullying ») ou du harcèlement (« harassment »).
Il faudrait donc analyser au cas par cas chaque situation, afin d’établir si un tel appel est directement dirigé contre un ou plusieurs individus de façon « ciblée et sévère ». Auquel cas cela cesserait d’être une simple parole pour devenir un acte, celui d’une brimade ou d’un harcèlement, les seuls à pouvoir manifestement être sanctionnés, d’après ces éminentes représentantes du monde intellectuel.