Arendt et Adorno : Aller simple pour New York

Temps de lecture : 3 min

Arendt et Adorno : Aller simple pour New York

New York (cc) Randy Lemoine / Flickr

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 3 de Philosophie magazine « 3 - août/sept. 2006 », en kiosque le 27 juillet 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Contraints de fuir le nazisme, Hannah Arendt et Theodor Adorno quittent leur Allemagne natale. À New York, la première s’enthousiasme pour la liberté politique ; le second méprise la culture de masse.

 

 

 

Il serait vain, presque indécent, de juger -comparables le voyage et l’exil. L’un manifeste un goût du dépaysement, évoque une forme d’insouciance, symbolise la liberté. L’autre relève presque toujours d’une contrainte, génère la nostalgie, porte le sceau du tragique dans de « sombres temps ». Vivre en exil signifie le plus souvent avoir été chassé vers ce qui est, au mieux, une terre d’accueil, parfois rien de plus qu’un lieu anonyme où il convient d’être invisible. Telle a été l’expérience d’intellectuels juifs d’Allemagne dont nombre sont partis vers l’Amérique, après des étapes plus ou moins longues, comme celle d’Hannah Arendt, sept ans à Paris, ou de Theodor Adorno, quatre ans en Angleterre. Ces deux-là ne s’aimaient guère ; l’une resterait jusqu’à la fin de sa vie à New York, tandis que l’autre rentrerait en Allemagne dès 1949. Il y a beaucoup à apprendre de l’opposition de leurs attitudes vis-à-vis d’un monde qui ne leur était nouveau que faute de mieux.

Cet article est réservé aux abonnés