Une semaine avec Arendt

[Exclusif] Hannah Arendt : “Le délitement de l’autorité”

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[Exclusif] Hannah Arendt : “Le délitement de l’autorité”

© Éditions de l’Herne © Münchner Stadtmuseum, Sammlung Fotografie, Archiv Niggl Radloff.

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À l’occasion de la publication du Cahier de l’Herne consacré à Hannah Arendt et dirigé par Martine Leibovici et Aurore Mréjen, nous publions avec l’aimable autorisation des ayants droit un extrait inédit d’un cours donné par l’auteur de La Crise de la culture, à l’université de New York, le 23 novembre 1953. Elle y revient sur sa définition de l’autorité, distincte de l’obéissance fondée sur la force ou sur l’argumentation. Et anticipe le règne de l’expertise.

L’extrait

(Cahier Hannah Arendt © Éditions de l’Herne, 2021)

« Bien qu’elle s’exprime dans une relation entre celui qui commande et les autres qui obéissent, l’autorité ne repose pas sur la violence et l’arbitraire. Elle présuppose que ceux qui commandent et ceux qui obéissent admettent tous la légitimité du commandement. Autorité et légitimité : ceux qui commandent ont le droit de commander et leur commandement est fondé sur quelque chose qui est reconnu sans discussion des deux côtés. 

Le droit de commander repose sur la responsabilité de ce qu’on est censé accomplir. Comme dans toutes les relations militaires, par exemple. Celui qui commande sait et ceux qui obéissent exécutent les ordres. Sans cette responsabilité, pas d’autorité. La responsabilité concerne quelque chose que les deux parties ont en commun.

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