Société

Arnaqués, piégés, floués… Pourquoi sommes-nous de plus en plus crédules ?

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Arnaqués, piégés, floués… Pourquoi sommes-nous de plus en plus crédules ?

L’acteur Brad Pitt en septembre 2024. © Mirco Toniolo/AGF/Sipa

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Anne, femme de millionnaire, a été arnaquée de plus de 800 000 euros par un « faux Brad Pitt ». Cette histoire, certes hors-norme, interroge. Alors que la méfiance augmente partout, nous ne nous sommes jamais autant fait arnaquer. D’où vient cette crédulité généralisée ?


Souvent escroc varie…

830 000 euros. C’est la somme qu’a extorqué le « faux Brad Pitt » à Anne, épouse d’une grande fortune, trompée par plusieurs montages photographiques pourtant très grossiers, représentant l’acteur hospitalisé. Après la diffusion le 12 janvier dernier du reportage de l’émission Sept à huit sur la chaîne TF1, où la victime a témoigné à visage découvert, des milliers de personnes – internautes, chroniqueurs, humoristes – se sont moqués d’elle.

Il y a certes du mauvais esprit dans cette première réaction. Mais on peut aussi y voir un peu de soulagement – « ouf, ça arrive aussi aux riches » ou toute autre variante d’un « ouf, ça ne m’arrive pas (qu’)à moi ». Pour cause : même si la somme est en l’occurrence particulièrement élevée, Anne n’est pas la seule à s’être fait avoir. D’après une enquête menée par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), le nombre de victimes d’escroquerie est passé de 250 900 victimes en 2016 à 411 700 en 2023, soit une hausse moyenne de +7,3 % par an.

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En plus d’être en augmentation, l’arnaque se fait polymorphe. L’arrivée d’Internet et plus récemment de l’intelligence artificielle ont offert un terrain particulièrement propice au renouvellement des escroqueries. On connaît tous quelqu’un (qui connaît quelqu’un…) victime d’une arnaque « au faux conseiller bancaire », (y compris au sein de notre rédaction) ou au faux-colis. Les narratifs-types, tous plus créatifs et convaincants que les autres, sont faits pour nous tromper. Depuis quelque temps, Internet a également vu éclore ce que l’on a appelé des « boomertraps » [« pièges à vieux »], de fausses images produites par intelligences artificielles qui visent à générer du trafic sur des sites plus ou moins interlopes, voire à repérer les individus particulièrement naïfs dans l’optique de leur soutirer de l’argent ou des informations. Le but est de servir d’appât à ceux que l’on appelle les « brouteurs », des escrocs comme le « faux Brad Pitt » qui a abusé Anne opérant sur les réseaux sociaux, notamment en simulant de fausses relations amoureuses avec leur victime.

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