L'exemple
Arthur Schopenhauer et les porcs-épics
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Cet article est issu du numéro 13 de Philosophie magazine « 13 - octobre 2007 », en kiosque le 27 septembre 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le philosophe, célèbre pessimiste, porte un regard ironique sur les relations sociales, n’hésitant pas à comparer les hommes à des porcs-épics.
L’hiver, les porcs-épics sont ballottés entre deux souffrances. Ou bien ils -restent éloignés les uns des autres, et ils souffrent du froid. Ou bien ils se -serrent les uns contre les autres pour se tenir chaud, mais alors leurs piquants s’enfoncent dans leurs chairs. Ils cherchent alors une situation intermédiaire acceptable, entre la solitude glacée et la proximité mordante. Avec cette fable, Arthur -Schopenhauer (1788-1860) résume sous une forme simple un des aspects importants de sa -pensée. Comme les porcs-épics en hiver, les -hommes sont selon lui poussés les uns vers les autres par « le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur propre intérieur […], mais leurs nombreuses qualités repoussantes et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau. La distance moyenne qu’ils finissent par découvrir et à laquelle la vie en commun devient possible, c’est la politesse et les bonnes manières ».