Le match
Faut-il écouter ses désirs ? Arthur Schopenhauer face à Friedrich Nietzsche
Arthur Schopenhauer - Friedrich Nietzsche. ©Domaine public
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Cet article est issu du numéro 202 de Philosophie magazine « Comment trouver les mots justes ? », en kiosque le 20 août 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le désir est le moteur de la vie, affirme Nietzsche. Oui, mais qui a pour carburant la frustration, soutient en ascète Schopenhauer. Chez qui ferez-vous le plein d’idées ?
Premier round : Nietzsche embrasse la vie d’un grand oui
Tout désir est une affirmation : une puissance impétueuse plutôt qu’un manque. En amour ou au travail, dans l’art ou le sport, cette aspiration nous conduit à nous dépasser, dévoilant en nous des ressources insoupçonnées. « Une soif est en moi, inassouvie, insatiable, qui cherche a élever la voix », résume Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra. Les « compagnons du grand désir » sont les seuls esprits libres, les êtres vrais, des créateurs qui s’écoutent et chérissent la vie en eux. Ils acquiescent par un grand oui à ce qui advient. « L’amour du soleil est toujours innocence et désir créateur ! » Cependant, cette capacité à vouloir et à aimer s’entretient: il faut trouver l’envie d’avoir envie, comme le chantera Johnny après Friedrich, et ainsi sans cesse rallumer la vie. « Ô désir de désirer ! »