Le diable dans les détails

Atmosphère, atmosphère !

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Cet article est issu du numéro 57 de Philosophie magazine « 57 - mars 2012 », en kiosque le 23 février 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Aéroports, gares, centres commerciaux, sièges de grandes entreprises… Ces lieux sont pensés, conçus, par des cabinets d’architectes ou de designers qui remettent en cause la figure romantique et solitaire de l’artiste… Pour mieux nous immerger dans un tourbillon sensoriel ?

Quand vous êtes à la station RER de La Défense et que vous prenez la sortie nord-ouest qui mène au Centre des nouvelles industries et technologies (Cnit), l’audacieuse coque de béton conçue par Zehrfuss, Camelot et de Mailly dans les années 1950 – dont l’intérieur a été réaménagé en 2009 –, vous pouvez vivre une expérience étonnante. Vous quittez progressivement le milieu malodorant, gris, sombre, bruyant, brutal du RER. Vous vous engagez dans un couloir à la lumière douce et modulée. Vous commencez à entendre de la musique d’ambiance et des bruits de nature, avec des escalators en plusieurs paliers de manière à casser l’impression de raideur des escaliers mécaniques à pente unique. Vous ne sentez plus les effluves méphitiques du métro mais une odeur fraîche et pourtant pas trop marquée.

Au bout de ce parcours de transition d’à peine cinquante mètres, vous vous retrouvez dans un autre monde, sous la voûte lumineuse du Cnit, dans le centre commercial avec ses grandes enseignes et ses cafés, et, au-dessus, en encorbellement ou mezzanine, les étages de bureaux vers lesquels se dirigent ce qu’on appelait dans le temps de jeunes cadres dynamiques.

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