Exposition
Atmosphère, atmosphère…
© Jacob Khrist/hanslucas via la Philharmonie de Paris
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Cet article est issu du numéro 130 de Philosophie magazine « Plaire, émouvoir, convaincre. L’art de l’éloquence », en kiosque le 29 mai 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Une riche exposition à la Philharmonie de Paris retrace la genèse de la musique électronique, qui reflète l’évolution de l’esthétique contemporaine.
Réunir dans une même exposition Pierre Henry et Daft Punk, la Croix électrique inventée au début du XXe siècle et la harpe laser de Jean-Michel Jarre, les studios sophistiqués des radios publiques et l’obscurité des clubs interlopes, peut paraître acrobatique. La Philharmonie de Paris tente ce grand écart en retraçant l’histoire vivante de la musique électronique. Tout débute dans les années 1920 avec les premiers instruments électriques, dont le thérémine, et se prolonge dans les années 1960 avec l’invention du magnétophone, qui permet le montage des sons, puis des claviers électroniques et des synthétiseurs. Dans la préface du premier Concert de bruits de Pierre Schaeffer, en 1950, « le matériau de la musique concrète » est présenté comme « le son à l’état natif, tel que le fournit la nature, le fixent les machines, le transforment leur manipulations ». Progressivement, ces avant-gardes, portées par la mutation du rapport entre le musicien et son public, grâce à des dispositifs immersifs, se transforment. Elles accouchent de la dance music. Héritières du funk et du disco, la house émerge à Chicago et la techno à Détroit, de façon clandestine ou confidentielle, dans des « safer places », des endroits sûrs à l’abri des discriminations, dans des discothèques et des clubs où se retrouvent les minorités noires et LGBT. Musique des minorités, la musique électronique n’est rapidement plus une musique minoritaire. Elle se diffuse en Europe via les raves puis mondialement, incarnée par la figure du DJ cosmopolite.