Cinéma

Bardot vue par Beauvoir : une icône féministe ?

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Bardot vue par Beauvoir : une icône féministe ?

Brigitte Bardot en 1959. © Photo12/7e Art/Gray-Film/Progefi/Pathé Production

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Sur France TV, « BB » est depuis un mois l’objet d’une mini-série documentaire retraçant son parcours. Simone de Beauvoir lui consacrait en 1959 un texte dans la revue Esquire, publié l’année suivante en volume sous le titre Brigitte Bardot and the Lolita Syndrome.


 

L’analyse déployée par Beauvoir en 1959, soit trois ans seulement après la sortie d’Et Dieu… créa la femme, est l’analyse d’une ambiguïté. D’une part, le personnage construit par Brigitte Bardot, alors âgée de 25 ans, « ne s’écarte pas du mythe traditionnel de la féminité » : « Elle est une force de la nature, dangereuse tant qu’elle n’est pas disciplinée, mais il revient à l’homme de la domestiquer » ; « Elle est gentille, bien intentionnée » ; elle « n’a pas été marquée par l’expérience ». « Sans mémoire, sans passé », sans histoire, privée d’une ouverture à la transcendance, Bardot est cantonnée au temps de l’immanence, à un éternel présent – celui d’une jeunesse fantasmée, d’une « parfaite innocence », d’une « enfance mythique ». Cette enfance est, d’emblée, déterminée par un regard masculin. Dans la France de l’époque, où les conditions se nivellent, « la femme adulte habite le même monde que l’homme ». Le schéma historique du désir masculin, celui d’un érotisme fondé sur l’altérité oppressive, succombe à l’excès de « familiarité » des sexes. La « lolita », « femme-enfant », justement, « se meut dans un univers où il ne peut pénétrer et ainsi la différence d’âge ré-établit entre eux la distance nécessaire au désir ».

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