France / Drogue

Bertrand Monnet : “Il faut lutter contre l’économie du crime par l’économie légale”

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Bertrand Monnet : “Il faut lutter contre l’économie du crime par l’économie légale”

Bertrand Monnet Professeur à l’Edhec, est titulaire de la chaire Management des risques criminels. ©CP

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Cet article est issu du numéro 187 de Philosophie magazine « Faut-il faire des compromis pour avoir la paix ? », en kiosque le 20 février 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La proposition de « loi visant à sortir la France du piège du “narcotrafic” », adoptée par le Sénat, évoque un état de submersion du territoire par cette économie du crime. Partagez-vous ce constat ? 

Bertrand Monnet : Il y a un maillage plus resserré d’une économie du trafic de drogue en plein développement. On constate une augmentation de la consommation comme de la production, notamment de la cocaïne. C’est une économie extrêmement profitable. La marge générée par le trafic de cocaïne varie entre 4 000 et 6 000 %, cela n’a pas d’équivalent dans l’économie. Sa production a augmenté, mais le prix du gramme de cocaïne stagne toujours autour de 60 euros. Mathématiquement, cela signifie qu’il y a de plus en plus de consommateurs. Parallèlement, il y a une démocratisation de la consommation des drogues, notamment de la cocaïne, devenue une drogue de jour, de travail. La disponibilité et la demande expliquent l’élargissement du marché au-delà des grandes métropoles, jusque dans les villes moyennes.

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