Société
Petite histoire des flatulences
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#XavierBertrandLeProuteur : sans aucun fondement, le hashtag prêtant des flatulences intempestives au candidat à la présidentielle Xavier Bertrand a rencontré un vif succès sur Twitter tout au long de l’été. Pourquoi cette irrépressible tendance à nous moquer des gaz ?
Si les émissions intestinales sont, de nos jours, frappées du sceau de la honte, il n’en a pas toujours été ainsi. C’est ce dont témoigne l’historien Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut (1719-1791) dans un petit ouvrage au titre évocateur, L’Art de péter (1751) : « Péter est […] une chose utile à la vie, comme disent Lucien, Hermogène, Quintilien, etc. Il est en effet plus essentiel qu’on ne pense ordinairement de savoir péter à propos. » Et de citer quelques vers antiques, dont l’auteur n’est pas précisé : « Un Pet qui, pour sortir, a fait un vain effort,/Dans les flancs déchirés reportant sa furie,/Souvent cause la mort. » Le pet est, pour les Antiques, une question de santé – comme le dit le proverbe cité par Hurtaut : « Pour vivre sain et longuement, il faut donner à son cul vent ». Les flatulences font partie du cycle naturel, biologique, du corps, qui alterne entre processus d’absorption et d’excrétions de fluides et de gaz.
Cette tolérance à l’égard du pet, qui n’est pas perçu comme une perte de contrôle risible sur son sphincter ou pis, comme une atteinte à la bienséance, se prolonge à vrai dire bien au-delà de l’Antiquité. On retrouve notamment, à la Renaissance, des défenses parfaitement sérieuses de la libre échappée des vents gastriques. Les médecins de l’école de Salerne notent ainsi que « quatre maux frappent le ventre quand on retient ses vents : les spasmes, l’hydropisie, la colique et l’étourdissement ». Érasme, un peu plus tard, renchérira : « Retenir un pet produit par la nature est le fait des imbéciles qui accordent plus à la politesse qu’à la santé ».