Bière IPA. De l’amertume à la douceur ?

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Cet article est issu du numéro 125 de Philosophie magazine « Et vous, comment faites-vous la fête ? », en kiosque le 28 novembre 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Ce type de bière (à consommer avec modération) aurait accompagné les conquérants britanniques dans le monde entier depuis le XVIIIe siècle. Comment expliquer son succès actuel dans tous les bars branchés d’Occident ?

Mon maître Georges Devereux avait l’habitude de citer le cas d’une femme américaine qu’il avait suivie pendant quelques années en psychanalyse pour son addiction alcoolique. Son comportement était différent selon ce qu’elle buvait : au champagne, elle devenait demi-mondaine ; au bourbon, elle se transformait en Calamity Jane ; et si elle avait pris sa cuite au gin, elle gouaillait comme une tenancière de bar anglais. Dans une substance active, ajoutait-il, il y a bien plus que des molécules. On y trouve des modèles sociaux, des divinités et un appel à la communion. 

Que contient la nouvelle bière qui fait fureur aujourd’hui dans les bars ? Avant de s’imposer en Europe, et notamment en France, elle a d’abord conquis les États-Unis, puis le Canada. On l’appelle IPA, initiales de India Pale Ale (« bière blonde d’Inde »). Pour expliquer son nom, on raconte qu’au XVIIIe siècle, les Anglais, en quête d’une bière susceptible de ne pas être corrompue par les quatre ou cinq mois de traversée nécessaires pour atteindre les lieux les plus reculés de leur empire naissant, la chargeaient en houblon aux propriétés bactéricides. 

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