Bolek. Vivre debout
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Cet article est issu du numéro 28 de Philosophie magazine « 28 - avril 2009 », en kiosque le 26 mars 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Un véritable personnage, ce Bolek. Des mines du Nord à la rue Drouot, où il expose aujourd’hui ses peintures, en passant par les Halles, la Provence, le Périgord, et, surtout, son kiosque à journaux sur le trottoir parisien, il a vécu plusieurs vies. Véritable« résistant urbain », il a raconté ses combats dans Je voulais pas crever, cosigné par Laurent Boscq. Une étonnante leçon de dignité.
Comment rester debout ? L’existence de Bolek, kiosquier parisien historique aux multiples vies patiemment retranscrites par Laurent Boscq (Je voulais pas crever. Petit manuel de résistance urbaine, Albin Michel, 2009), se confond avec cette entêtante question.
Bolek en six dates
- 1945 Naissance de Bolek à Bruay-en-Artois.
- 1962 Débarque à Paris, aux Halles.
- 1969 Destruction des Halles.
- 1980 Reprend le kiosque à journaux de Richelieu-Drouot.
- 2006 Expulsé de son kiosque par décision admnistrative.
- 2009 Publie Je voulais pas crever avec Laurent Boscq (Albin Michel) et expose ses peintures rue Drouot.
« Pourquoi rester debout ? Si je m’assois, c’est fini. Dans la rue comme dans la vie, il ne faut pas s’allonger », explique ce beau monsieur aux cheveux blancs plaqués en arrière, qui s’est progressivement identifié à son seul prénom, d’origine lituanienne, et à sa légende personnelle, en traversant les années avec la prescience de son destin. Il a la voix hésitante, mais le débit intarissable, l’air malin. « Il faut dormir quand même, concède-t-il, mais quand on est debout, on arrive mieux à réfléchir. C’est une station d’intelligence. Y a des milliers et des milliers d’années, on a hérité de ceux qui ont commencé à être debout. Les primates se sont levés, le cerveau s’est développé. L’intelligence a commencé. »