Figure libre
Jean-Marc Rochette. Apprendre à vivre et à dessiner comme une montagne
Lac d’altitude (2012), par Jean-Marc Rochette (reproduction des huiles sur toile Thomas Hennocque). © Jean-Marc Rochette (Courtesy of Galerie Daniel Maghen, Paris).
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Alors que Netflix adapte l’univers de sa saga post-apocalyptique Le Transperceneige, dont vient de paraître un nouvel opus, “Extinctions, acte II” (scénario de Matz, Casterman), et qu’il publie en même temps un livre de conversations sur la peinture, Manifeste pour peindre le bleu du ciel, Jean-Marc Rochette semble au sommet de son art. Ses passions pour le dessin et pour la peinture de paysage ne sont pas loin de fusionner. Nous lui avons soumis quelques questions, qui dessinent le portrait d’un artiste attaché comme aucun autre à la liberté et à la beauté de la nature. En contrepoint, quelques cases, quelques tableaux, qu’il nous a exceptionnellement autorisés à reproduire et qui ouvrent une fenêtre sur son univers, composé de roches alpines, de neige et d’air froid.
La solitude, vous l’aimez comment ?
À deux.
L’un des meilleurs conseils qu’on vous a donnés ?
C’est mon grand-père, qui m’a dit : « Tant qu’il y a des balles, il faut tirer. » Résistant ardéchois, il entendait cette formule en un sens guerrier, mais je la transpose volontiers sur le plan artistique. Trop souvent, les artistes se découragent et abandonnent.

Un extrait du Transperceneige. Extinctions, acte II, par Jean-Marc Rochette et Matz. © Casterman
Une rencontre déterminante ?
Il y en a eu plusieurs, mais je pense à Francis Masse, un artiste de bande dessinée qui, à l’époque, travaillait entre autres pour Actuel. Son style était proche des maîtres américains comme Robert Crumb. Et il habitait dans mon quartier, à Grenoble. Nous n’avons pas vraiment échangé. Il ne m’a rien dit sur mes dessins – ce n’était pas un bon maître –, mais à travers lui j’ai entrevu qu’il était possible, grâce au métier de dessinateur, d’être anarchiste, de se situer en dehors de la société et de vivre. Il restait terré chez lui, produisait des dessins insensés, et cela lui permettait de subvenir à ses besoins. Et puis, bien sûr, il y a eu Jacques Lob, le scénariste du Transperceneige, qui a changé le cours de mon existence.