« Bonheur », par Nicolas Grimaldi

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« Bonheur », par Nicolas Grimaldi
© Gabrielle Duplantier pour PM

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La voilà, la grande affaire ! En même temps que rien n'importe davantage à chacun, rien ne paraît aussi énigmatique à tout le monde. Quoiqu'il n'y ait personne qui ne veuille être heureux, personne non plus ne sait trop comment l'être. C'est ce qui a longtemps fait de cette unique question la raison d'être de la philosophie. Peut être l'une des principales difficultés de cette notion vient-elle d'avoir associé l'idée de félicité à celle de la chance (l'heur) – et, par conséquent, du hasard. Ne dit-on pas en effet de celui qui gagne à la loterie ou au casino qu'il est heureux au jeu ? C'est un veinard. Il va toutefois de soi que, si celui qui est heureux au jeu est malheureux en amour, il n'est pas non plus vraiment heureux. Il y aurait donc deux sortes de bonheurs assez différents, dont l'un dépendrait de la chance et s'identifierait à l'acquisition de quelque bien extérieur, et dont l'autre s'identifierait à un contentement si complet, si intérieur, qu'on le voudrait indépendant d'aucune cause extérieure. Le premier identifierait le bonheur à une réussite. Le second le résumerait au sentiment d'une telle plénitude qu'il suffirait d'en jouir pour n'avoir rien d'autre à désirer.

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