Brasilia ou l’impossibilité du neuf : l'écrivain-voyageur Cees Nooteboom face au fait du Prince

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Brasilia ou l’impossibilité du neuf : l'écrivain-voyageur Cees Nooteboom face au fait du Prince

(cc) Wikimedia / Joao Vicente

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Cet article est issu du numéro 88 de Philosophie magazine « Où avez-vous la tête ? », en kiosque le 26 mars 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Chacun, en voyage, a ses manies. Certains se précipitent dans la cathédrale de la ville où ils arrivent, d’autres dans une librairie ou un café. Quant à moi, c’est au cimetière que je me rends, depuis des années. Je cherche les tombes des écrivains, des artistes que j’aime. C’est un rituel. Mais dans les villes nouvelles, une visite au cimetière réserve d’autres surprises. Aux Pays-Bas où, jusqu’au XXe siècle, on a gagné beaucoup de terres sur la mer, on a bâti des cités entières de toutes pièces. Un jour, dans le Noordostpolder [« Polder du Nord-Est »], je suis entré dans un cimetière : il était vide. Il avait été construit en prévision des morts à venir. C’est la seule fois où il m’a été donné de me recueillir dans un espace dédié aux morts du futur, et c’était très émouvant.

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