La présence du non-être : l'écrivain-voyageur Cees Nooteboom vous fait (re)découvrir Berlin

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La présence du non-être : l'écrivain-voyageur Cees Nooteboom vous fait (re)découvrir Berlin

(cc) Pixabay / shrank

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Cet article est issu du numéro 88 de Philosophie magazine « Où avez-vous la tête ? », en kiosque le 26 mars 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Berlin est différente des autres villes européennes. Si vous allez à Rome, vous y verrez le Colisée et le Quirinal. Si vous allez à Paris, place de la Concorde, vous admirerez la tour Eiffel, l’Assemblée nationale, l’Arc de triomphe. À Berlin, on a produit une telle quantité d’Histoire au cours du XXe siècle que l’air en est comme saturé, et pourtant il n’en reste pas grand-chose. Les lieux de pouvoir du IIIe Reich ne sont plus inscrits dans la pierre, ils ont disparu. Et cependant, on sent encore à Berlin la force d’attraction de ces choses évanouies – places, ministères, bunkers du Führer, chambres de tortures – qui se signalent par des vides troublants. Même le no man’s land qui se trouvait au centre du fameux mur a été recouvert par une autoroute. Mystérieusement, ce qui a été anéanti sous les bombes, rejeté ou occulté est toujours là, c’est pourquoi Berlin est à mes yeux la ville du non-être.

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