À la découverte d’Amsterdam avec l'écrivain-voyageur Cees Nooteboom : les tribulations de la matière

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À la découverte d’Amsterdam avec l'écrivain-voyageur Cees Nooteboom : les tribulations de la matière

(cc) Wikimedia / Bert Kaufmann

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Cet article est issu du numéro 88 de Philosophie magazine « Où avez-vous la tête ? », en kiosque le 26 mars 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Je suis né à La Haye et, si je réside à Amsterdam, j’ai du mal à la considérer comme ma ville. Amsterdam, comme vous le savez, a été construite sur une zone de marécages, inhabitable au Moyen Âge. Les maisons et les monuments de la vieille ville, édifiés à partir du XVIe siècle, tiennent tous sans exception sur pilotis. Les Hollandais ont fait venir ce bois de très loin, d’Istrie, actuellement une région partagée entre Italie, Slovénie et Croatie. D’un côté, il y a la boue et le bois, sur lesquels la ville tient en équilibre précaire. De l’autre, Amsterdam a toujours été habitée par des marchands, qui faisaient commerce notamment de tissus et d’épices d’Orient. Cela explique sans doute que ce lieu incite à porter une attention spéciale à la matière, et ce n’est pas un hasard, à mon sens, si les peintres néerlandais sont excellents lorsqu’il s’agit de restituer la matérialité du monde, comme lorsque Pieter Claesz peint un citron épluché, une coupe de verre soufflé ou un plat d’étain, et que vous reconnaissez au premier coup d’œil la pulpe, les bulles dans le verre ou la malléabilité du métal.

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