Renaissance

Campo dei Fiori : sur les traces de Giordano Bruno

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Cet article est issu du numéro 43 de Philosophie magazine « 43 - octobre 2010 », en kiosque le 30 septembre 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

C’est sur cette place, dans le centre historique de Rome, que fut brûlé l’un des plus grands philosophes de la Renaissance, pour avoir soutenu qu’il existe une infinité de mondes.

Les cloches de l’église sonnent sur le Campo dei Fiori. Le regard erre sur les façades ocre, les étals, la foule. Il s’arrête sur une drôle de statue. Elle représente un homme pensif et fier, le visage encapuchonné, tenant un livre. Un moine ? Pas vraiment. Sur le socle, vous pouvez lire : « À Bruno, le siècle par lui sublimé, ici où le feu brûla. » La statue représente Giordano Bruno, philosophe du XVIe siècle. Elle a été sculptée et érigée en 1889 par ses admirateurs, issus de la franc-maçonnerie. Le jour de son inauguration, à quelques centaines de mètres de là, dans l’État voisin du Vatican, le pape Léon XIII a jeûné au pied de la statue de saint Pierre. La presse catholique a fustigé la cérémonie impie du Campo dei Fiori. Tout au long du siècle suivant, les papes n’ont eu de cesse de réclamer la destruction de la statue.

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