Exposition

“Rome. La Cité et l’Empire” : beau comme de l’antique !

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Mosaïque du jugement de Pâris (115-150), détail, Antioche-sur-l’Oronte, Turquie. Musée du Louvre.

Mosaïque du jugement de Pâris (115-150), détail, Antioche-sur-l’Oronte, Turquie. Musée du Louvre. © Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais/Thierry Ollivier

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Cet article est issu du numéro 160 de Philosophie magazine « Penser, c’est dire non ? », en kiosque le 02 juin 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Prêts pour un voyage dans la Rome antique ? Alors, direction les Hauts-de-France : le Louvre-Lens fête ses dix ans avec une exposition qui montre comment l'art peut se mettre au service d'une idée politique, de la République à l'Empire. Elle témoigne aussi combien la cité romaine a englobé le monde mais s’est transformé en s’imposant. 

 

Le Louvre-Lens fête une décennie d’existence. À l’occasion de cet anniversaire, l’institution artésienne offre une plongée dans le temps. Elle remonte à l’Antiquité et invite à parcourir l’histoire de Rome, de la cité à l’empire. Bénéficiant des prêts exceptionnels de son grand frère, alors que les salles romaines du musée parisien sont fermées pour rénovation, l’exposition ne retrace pas seulement l’histoire et la culture d’une civilisation mondiale, partie du Latium pour s’étendre jusqu’aux confins de l’Afrique et du Moyen-Orient, elle met en valeur, grâce à une scénographie épurée, sa merveilleuse production artistique, ainsi que la formation d’une idée politique. Car l’histoire de Rome est aussi l’histoire de la chose publique. La république – plus aristocratique que démocratique – recouvre des mœurs, des us et des coutumes, une communauté d’intérêts, bien avant l’intervention du droit stricto sensu. Comme Cicéron le fait dire à l’un des interlocuteurs de son dialogue philosophique intitulé De la République, celle-ci consiste en un « rassemblement du plus grand nombre qui s’associe par adhésion à une même loi et à une même communauté d’intérêts ». Comment parvient-on à rendre tangible cette « chose publique », à en faire la « chose du peuple » ? C’est ici que l’art et la culture interviennent, qui donnent à une communauté disparate la forme d’un empire. Cicéron encore : « Notre république s’est constituée non par le génie d’un seul, mais par le génie de nombreux citoyens, et non au cours d’une vie d’homme, mais au cours de siècles et de générations. » L’art du buste, le vérisme des portraits et les sculptures monumentales présentées au cours de l’exposition, mais aussi les céramiques, les mosaïques, comme cette représentation du jugement de Pâris trouvée en Turquie (photo), la vaisselle pour les banquets et les objets d’arts conçus pour les combats de gladiateurs ou les jeux du cirque, témoignent de ce génie. Et l’on constate aussi comment, en s’exportant, la cité romaine englobe le monde mais se transforme en s’imposant : elle s’approprie l’art grec et enrichit son panthéon de divinités exotiques. Syncrétiquement beau !

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