Religions
Carlo Acutis, premier saint de l’âge numérique ?
Place Saint-Pierre (Vatican), le 7 septembre 2025. Célébration eucharistique présidée par le pape Léon XIV : rite de canonisation des bienheureux laïcs Pier Giorgio Frassati et Carlo Acutis. © Alessia Giuliani/CPP/Hans Lucas/AFP
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Dimanche 7 septembre, la canonisation par le pape Léon XIV de Carlo Acutis, décédé en 2006 à l’âge de 15 ans d’une leucémie foudroyante, a suscité des réactions dans le monde entier. Ce jeune Italien, que l’on a surnommé le « geek de Dieu » ou le « cyber-apôtre » incarne-t-il une nouvelle figure de la sainteté et un nouvel âge de la croyance ? Quand l’appel de Dieu est relancé… ou instrumentalisé par le virtuel.
Rappelons d’abord les faits : Carlo Acutis, né à Londres mais élevé en Italie, a très tôt manifesté une profonde attirance pour la religion : une dérogation exceptionnelle accordée par le Vatican, lui a permis de faire sa première communion à 7 ans. Allant à l’église tous les jours, il donnait son argent de poche aux pauvres mais surtout passait son temps libre sur les réseaux sociaux pour manifester sa foi. Créateur dès l’âge de 11 ans de sites informatiques, dont un sur les miracles eucharistiques, il priait notamment pour les malades qui s’y connectaient.
On lui attribue deux miracles (condition de sa canonisation) : la guérison d’un enfant brésilien atteint d’une maladie du pancréas incurable et celle d’une Costaricaine atteinte d’un grave traumatisme crânien suite à un accident de vélo. Dans les deux cas, ce sont les proches des futurs miraculés qui ont prié Carlo Acutis, alors déjà décédé, afin qu’il intercède auprès de Dieu pour leur guérison. Dans la tradition catholique en effet, les croyants sont invités à prier les saints – ou ceux qui peuvent le devenir – et à leur demander de prier pour eux (et pour tous les hommes) comme s’ils étaient toujours parmi nous. Ce pour quoi la longue litanie des saints durant la messe de la veillée pascale se récite au présent (« Saint Michel, priez pour nous… »).