La citation corrigée

“Ce que je sais, c’est que je ne sais rien”

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Cet article est issu du numéro 110 de Philosophie magazine « Quelle part d’enfance gardons-nous ? », en kiosque le 01 juin 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La citation corrigée de François Morel.

Socrate fut le maître à penser de Jean Gabin. Et de Jean-Loup Dabadie surtout. « La vie, l’amour, l’argent, les amis et les roses. On ne sait jamais le bruit ni la couleur des choses. C’est tout ce que je sais mais ça je le sais. »

C’était en 1974. Jean Gabin faisait son Socrate sentimental… « Le jour où quelqu’un vous aime, il fait très beau. J’peux pas mieux dire, il fait très beau ! » Mine de rien, il se retrouvait quand même en tête du hit-parade, le Pacha ! Oui, le Président, le Tatoué, le Gentleman d’Epsom, le vieux Singe en Hiver, et en compétition avec Bob Marley, Barry White et Dalida ! Coquet, il trichait quand même un petit peu sur son âge quand il disait : « Il y a soixante coups qui ont sonné à l’horloge. » Même s’il prétendait ne rien savoir, ça m’étonnerait qu’il ne sache pas son âge exact. Ce que je sais, c’est que 70 ans, à l’époque, ça me semblait l’âge d’un vieillard. Ce que je sais, c’est que 70 ans (et, je ne sais pas pourquoi, je crains que ce sentiment risque de se confirmer au cours des années qui viennent) aujourd’hui, c’est-à-dire quarante-trois ans plus tard, ça me semble correspondre à peu près, ni plus ni moins, à la fin de l’adolescence.

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