Hors-série "La puissance des femmes"
Christine de Pizan, droit de cité pour les femmes
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Cet article est issu du Hors-série n°N° 43 de Philosophie magazine « La Puissance des Femmes. Une autre histoire de la pensée », en kiosque le 17 octobre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Veuve à 23 ans, Christine de Pizan refuse de se remarier. Elle entreprend de vivre et de faire vivre sa famille de sa plume. Une carrière d’écrivain qui offrira à la littérature un poignant plaidoyer en faveur des femmes : La Cité des dames.
Née à Venise en 1364, Christine de Pizan ne tarde pas à suivre son père, médecin et astrologue réputé, qui a été appelé à Paris par le roi Charles V. Savant curieux, Thomas Pizan, ainsi qu’elle le rapporte elle-même dans La Cité des dames, « n’était pas d’avis pas que les sciences ne valaient rien pour les femmes […], il prenait un grand plaisir à voir [son] goût pour l’apprentissage ». Cependant, sa mère, bien plus traditionnelle, « qui [la] voulait occuper en filasses [action de filer la laine, le lin, etc.] selon l’usage commun des femmes », empêcha que la vocation de sa fille se déploie dès le plus jeune âge. Elle commence toutefois à composer des poèmes lyriques, qui lui valent l’admiration de la cour. Dès ses 15 ans, son père décide de la marier à Étienne Castel, un noble picard. Le mariage est célébré en 1380. De cette union, que Christine décrit comme heureuse, naîtront trois enfants. La même année, la mort de Charles V compromet la position de Thomas. Il décède sept ans plus tard, suivi quelques mois après par l’époux de Christine de Pizan, emporté par une épidémie. À 23 ans, elle se retrouve en charge de sa famille. Mais, indépendante, elle refuse de se remarier et n’envisage pas d’entrer au couvent. « De femelle devins mâle » : elle sera homme de lettres.