Christopher Lasch. Sujet assiégé

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Cet article est issu du numéro 17 de Philosophie magazine « 17 - mars 2008 », en kiosque le 28 février 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

De MySpace aux blogs, des palais de la République aux émissions de télé-réalité, l’obsession de soi-même est le lot de notre époque. Mais qui sont vraiment les Narcisses contemporains ? La redécouverte de la pensée de l’Américain Christopher Lasch s’impose, permettant de prendre un peu de distance et d’échapper aux lieux communs. Alors que l’« amour de soi » traditionnel sous-tend « un sens du moi fort et stable », « les Narcisses contemporains souffrent d’un sentiment d’inauthenticité et de vide intérieur » (La Culture du narcissisme, 1979). Ces expressions mettent en lumière l’« homme psychologique de notre temps » dont Lasch a dessiné les contours en vue d’interroger notre culture. Pertinente, l’œuvre de cet intellectuel inclassable (1932-1994), issu de la gauche mais réfractaire à la religion du progrès, est une référence. Un seul ouvrage de lui n’avait pas encore été traduit en français, c’est désormais chose faite avec la parution du Moi assiégé. Essai sur l’érosion de la personnalité (Climats). Publié en 1984 sous le titre The Minimal Self, l’ouvrage prolonge La Culture du narcissisme en s’interrogeant sur la difficulté du sujet contemporain à penser son individualité par rapport au monde.

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