Politique / Espagne

Catalogne, l’indépendance de confort ?

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Drapeaux-Catalogne

(cc) Flickr / jamakoza

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Cet article est issu du numéro 114 de Philosophie magazine « Comment vivre avec l’idée de la mort ? », en kiosque le 26 octobre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Après le scrutin d’autodétermination du 1er octobre, Barcelone entend se détacher de Madrid. Parce que les Catalans se sentent opprimés, ou parce qu’ils refusent de faire communauté avec un État plus pauvre ? Réponse avec Christopher Lasch.

Quels sont les critères légitimes pour réclamer l’indépendance ? Richard N. Haass, qui dirige le think-tank américain Council of Foreign Relations, en propose cinq : une histoire attestant d’une identité collective incontestable ; un choix clair de la population ; la viabilité du nouvel État ; la non-remise en cause du reste de l’État partitionné ; un « fondement incontournable », ce qui signifie que « la population doit être capable de prouver que le prix politique, physique et économique du statu quo est trop élevé » (« Le tour des Kurdes », Project Syndicate, 29 septembre 2017). Si les quatre premiers critères semblent atteints ou atteignables dans le cas de la Catalogne, le dernier est plus problématique. L’auteur rappelle que l’accession d’une région à l’indépendance est presque toujours motivée par une oppression – à part les « divorces à l’amiable », comme celui de la Slovaquie et de la République tchèque en 1993. Si les États baltes ont obtenu leur indépendance en 1991, c’est d’abord parce qu’ils ont souffert de l’occupation soviétique. Les Kurdes, aujourd’hui, considèrent qu’ils en sont dignes au prix des souffrances que leur a infligées Saddam Hussein. Est-ce le cas des Catalans ? Certes, l’histoire de la Catalogne peut fournir des arguments, mais au passé : révolte des Faucheurs en 1640, défaite face aux troupes franco-espagnoles en 1714, atroce répression par les troupes franquistes. Plus récemment, en 2010, le Parti populaire (droite) au pouvoir à Madrid a fait annuler par le tribunal constitutionnel la mention de « nation catalane » qui y avait été inscrite quelques années plus tôt. Enfin, l’actualité a montré les images de violences policières lors du référendum du 1er octobre. Le gouvernement du Premier ministre Mariano Rajoy tout comme le roi Felipe VI sont fermement opposés à l’indépendance. Il reste cependant difficile d’affirmer que la Catalogne subit une domination insupportable de la part de l’État espagnol.

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