Clotilde Leguil: “Attraper au vol ce qui se produit comme au hasard”
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Cet article est issu du numéro 88 de Philosophie magazine « Où avez-vous la tête ? », en kiosque le 26 mars 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Quatre penseurs et praticiens vous dévoilent leur méthode pour se recentrer – ou se démultiplier sans se perdre. Avec Clotilde Leguil, l’attention flottante propre à l’analyse.
« Freud distingue deux règles analytiques essentielles. La première est du côté de l’analysant : c’est “l’association libre”. Le patient est amené à dire tout ce qui lui passe par la tête, sans intention préalable, en suivant chaque idée qui se présente, aussi insensée et saugrenue soit-elle. Ça bouleverse le rapport de cause à effet conscient. D’où une apparence de dispersion. Mais de ce discours, qui peut sembler irrationnel, se dégage une autre logique qui est celle de l’inconscient. La seconde règle est le pendant de cette association libre, côté analyste. C’est ce que Freud a appelé “l’attention flottante”. Le terme allemand (“gleichschwebende Aufmerksamkeit”) renvoie à l’idée que tout doit être écouté avec une attention “égale” (gleich), sans se laisser hypnotiser par ce que l’analysant a prévu de dire sur sa souffrance.