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Comme au cinéma

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Cet article est issu du numéro 38 de Philosophie magazine « 38 - avril 2010 », en kiosque le 25 mars 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

L’une des principales forces de la pensée de Proudhon est de proposer des alternatives non totalitaires au capitalisme libéral. Elle inspire de nos jours des patrons, des associations et même des artistes.

« En intitulant mon roman Pornocratie, j’ai voulu redonner de la noblesse à ce beau mot grevé de connotations péjoratives. D’après les dictionnaires, la pornocratie est un régime ou une société où règne l’influence néfaste des courtisanes (en grec, pornè signifie « prostituée »). Quand il emploie ce terme, Proudhon se prête déjà à une vocifération rétrograde, épouvanté par l’affranchissement de ces femmes si inférieures et obscènes… Sa dénonciation de la “pornocratie” traduit un mépris, une méprise du féminin qui perdure et s’intensifie au travers de deux phénomènes solidaires : le retour du religieux – je pense à cet asservissement scandaleux qu’est le voile intégral – et la toute-puissance du X, qui déshumanise la femme et en fait une chair à masturbation. Contre cette barbarie, je conçois une autre pornocratie, en conférant à ce terme une valeur positive, presque incantatoire. Il ne s’agit pas de mettre les femmes au pouvoir et de reverser le mépris du côté des hommes. Les principes fondateurs sont ceux de la mixité et du respect de l’autre. Dans Anatomie de l’enfer, le personnage de Rocco Siffredi – star du X –, tel King Kong, n’écrase pas la femme qui se trouve devant lui. Au contraire, il découvre et assume sa part de faiblesse, d’humanité. “Ma” pornocratie consiste ainsi en une assomption du féminin et, surtout, en un vivre-ensemble harmonieux des sexes. » 

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