Vocabulaire
“Corps”, “puissance”, “amitié” : lexique deleuzien
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Corps
« Tout est corps et corporel. [...]Tout est de la physique », écrit Deleuze. Encore faut-il comprendre ce qu’il entend par « corps ». « La chose n’a pas d’autre limite que la limite de sa puissance ou de son action. [...] Les choses sont des corps, ça veut dire que les choses sont des actions. La limite de quelque chose, c’est la limite de son action et non pas le contour de sa figure. » Exemple : « Une graine de tournesol perdue dans un mur est capable de faire sauter ce mur. » Les corps ne sont pas des formes mais des puissances déterminées par un « certain rapport caractéristique », un différentiel interne. Ils ne sont pas uns, mais « nécessairement composés à l’infini ».
Incorporels
Si tout est corps, Deleuze insiste en même temps sur le rôle décisif des « incorporels », des « transformations incorporelles ». Prenez le rougissement de l’eau dans laquelle une goutte de vin a été versée. Le rougissement lui-même n’est pas un corps. C’est un événement qui s’effectue dans les corps en mélange, tout en demeurant autre chose que ces corps eux-mêmes. L’événement est « la part dans tout ce qui arrive de ce qui échappe à sa propre actualisation. [...] Les événements purs et sans mélange brillent au-dessus des corps mélangés, au-dessus de leurs actions et de leurs passions embrouillées. » Débordant les corps où ils s’effectuent, ils les ouvrent à des devenirs qui créent « quelque chose de nouveau. »