Couronne de fleurs
Couronnement de Charles III : de Cicéron à Saint-Just, six textes antimonarchistes qui ont fait date
Londres (Royaume-Uni), le 4 mai 2023. Un homme passe devant un portrait du roi Charles III. © Andreea Alexandru/AP/Sipa
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Samedi 6 mai, Charles Mountbatten-Windsor deviendra Charles III. Si la cérémonie de son couronnement sera scrutée par des millions de personnes dans le monde, d’autres, républicains dans l’âme, regarderont ailleurs. L’occasion de mettre en lumière quelques-uns des plus beaux textes antimonarchistes de l’histoire de la pensée.
Cicéron : “Ne pas vivre sous un maître juste, mais n’en avoir aucun”
“Dans un État où un seul homme dispose d’un pouvoir perpétuel, et à plus forte raison si c’est un pouvoir royal, même s’il s’y trouve aussi un sénat, comme ce fut le cas à Rome du temps des rois, ou à Sparte, en vertu des lois de Lycurgue, et même si l’on accorde quelque droit à ce peuple, comme on le fit sous nos rois, malgré tout, ce titre même de roi l’emporte et l’État en question ne peut être de fait et de nom qu’une royauté. Or cette constitution politique est extrêmement instable, pour la raison suivante : la faute d’un seul homme suffit à la ruiner et à l’entraîner irrésistiblement sur la pente la plus funeste.
En effet, en lui-même, le régime politique de la royauté est non seulement irréprochable, mais peut-être (si je pouvais donner mon adhésion à une forme pure de gouvernement) bien préférable aux autres formes pures ; mais il ne l’est qu’à condition de conserver sa constitution propre. Or, selon celle-ci, il faut que la sécurité, l’égalité des droits et la tranquillité des citoyens soient maintenues sous la direction d’un seul, grâce à son pouvoir perpétuel, à sa justice et à sa sagesse. Le peuple qui vit sous un roi manque en général de bien des avantages et surtout de la liberté, qui ne consiste pas à vivre sous un maître juste, mais à n’en avoir aucun”