Hommage
De la catastrophe à la joie
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Cet article est issu du numéro 8 de Philosophie magazine « 8 - avril 2007 », en kiosque le 27 mars 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le philosophe Jean Baudrillard est mort, le mardi 6 mars 2007, à Paris.
Jean Baudrillard est le penseur français le plus connu dans le monde. Un classement mondial récent des intellectuels le mettait dans les premiers rangs des personnalités vivantes, à la première place des Français. Bien sûr, ces classements n’ont guère de sens et il en riait de bon cœur, mais cela indique l’écart immense existant entre l’image française et l’image mondiale.
Pour le public français, Jean Baudrillard est surtout connu par ses réflexions sur l’actualité. En les lisant, et si on allait au-delà des apparences, on découvrait une pensée joyeuse, pas du tout nihiliste, et surtout totalement libre. Une liberté qui provoquait parfois un désaccord stimulant, souvent l’hostilité et l’indignation doublées, plus souvent encore, par l’incompréhension – pire, la fausse compréhension (à propos de la guerre du Golfe, la « nullité » de l’art contemporain plus particulièrement).
Cette incompréhension est en réalité un bon signe : tout vrai écrivain, tout vrai philosophe « creuse une langue étrangère dans la langue », comme aimait le rappeler Gilles Deleuze. Ne serait-ce que parce qu’il y a des « trous » dans la langue aux abords des grandes énigmes. Pour lire, pour être séduit par Jean Baudrillard, il faut d’abord apprendre sa langue.