Entretien
De la musique avant toute chose...
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Illustre inventeur du gaffophone, habité par la musique, Gaston titille opiniâtrement la zone entre musique et bruit. Guitares, trombone à coulisse, appeaux divers… les instruments qu’il fabrique ne semblent voués qu’à produire des couacs. Quoique…
Créateur du gaffophone, Gaston occupe une place spécifique dans l’histoire des instruments de musique. Vous qui êtes compositeur, pourquoi portez-vous tant d’amour, ou disons d’affection, à un instrument si peu harmonieux ?
Karol Beffa - J’aime Gaston, mais pas seulement pour son gaffophone. Si vous voyiez mon bureau à l’École normale supérieure, vous seriez frappé de voir comme il ressemble au sien chez Spirou : des paperasses qui s’accumulent, telles les tonnes de courrier en retard de Gaston, un bric-à-brac invraisemblable et, dans un coin, mon gaffophone personnel, à savoir un clavier de synthétiseur qui me permet de saisir ma musique pour la graver sur ordinateur. Au-delà de ce clin d’œil, ce qui m’a toujours séduit dans les aventures de Gaston, c’est la place qu’y occupe la musique. Gaston est facteur d’instruments, chanteur, compositeur, multi-instrumentiste… Côté lutherie, le gaffophone est l’arbre qui cache la forêt des instruments dessinés par Franquin : guitare sèche ou électrique, trombone à coulisse, bombardon, violon avec lequel il tétanise Fantasio d’un « kiai » de karatéka… Gaston essaie toujours de perfectionner les instruments de musique qu’il invente : il fait de la lutherie expérimentale en somme, au point de créer des appeaux de toutes sortes qui attirent oiseaux, vaches, baleines, taupes et créatures bizarroïdes. Gaston est quelque part entre saint François d’Assise et Olivier Messiaen !