Crise économique

Démoralisé, le capitalisme ?

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Cet article est issu du numéro 32 de Philosophie magazine « 32 - septembre 2009 », en kiosque le 27 août 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

À la mi-juillet dernier, les Américains découvraient avec effarement que, quelques mois seulement après avoir été renflouée par l’État, la banque d’affaires Goldman Sachs s’apprêtait à distribuer pour 2009 un montant littéralement stupéfiant de salaires et autres bonus à ses employés : pas moins de 20 milliards de dollars – soit autant que les sommes allouées par le G8 à la lutte contre la faim dans le monde… Dans le même temps, la cote de popularité de Barack Obama régressait de six points dans les sondages.

La concomitance de ces deux événements, économique et politique, dessine l’étrange climat dans lequel se meut l’actuelle crise : en dépit de tous leurs appels à la nécessaire « moralisation » du capitalisme, même les pouvoirs les plus légitimes semblent impuissants à en modifier les pratiques. Comme si la pression du profit était plus forte que toutes les injonctions éthiques – et ce au risque d’installer une crise politique et sociale majeure, fragilisant l’avenir de nos démocraties.

Qu’en est-il donc aujourd’hui des rapports entre économie et morale ? Le capitalisme peut-il dépasser ses finalités proprement économiques pour asseoir cette légitimité morale sans laquelle il ne saurait, à terme, se maintenir ? Et que signifient tous ces « comités de déontologie », « codes de conduite » et autres « chartes -éthiques » dont les entreprises se sont dotées depuis les années quatre-vingt-dix ? C’est à ces questions que tente de répondre Anne Salmon, philosophe et sociologue, professeur à l’université Paris‑9--Dauphine, dans son ouvrage Moraliser le capitalisme ?.

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