Lampedusa/Réfugiés
Derrière les murs de la forteresse Europe
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Cet article est issu du numéro 75 de Philosophie magazine « 75 - décembre 2013, janvier 2014 », en kiosque le 28 novembre 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Après le drame de Lampedusa, en Italie, survenu en octobre dernier, l’Europe pleure mais renforce ses frontières. C’est qu’elle se conçoit comme devant « protéger l’asile contre les exilés ».
Ils étaient près de 500 à bord du bateau en provenance de Libye, qui a pris feu et chaviré près de l’île italienne de Lampedusa. 359 ont trouvé la mort, dont seize enfants et dix femmes enceintes. Selon le Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés, 32 000 migrants ont tenté la traversée cette année et plus de 3 000 sont morts depuis dix ans. L’Union européenne, appelée à l’aide par l’Italie, a décidé de renforcer sa lutte contre l’immigration clandestine et ses contrôles aux frontières.
Il y a quarante ans, alors que des dizaines de milliers de boat people fuyaient le Vietnam, Jean-Paul Sartre et Raymond Aron demandaient au président de la République que la France leur vienne en aide. « Les droits de l’Homme, affirmait Sartre, impliquent qu’on prenne parti du point de vue humain, c’est-à-dire du point de vue moral. »