Giusi Nicolini. La lionne de Lampedusa défend les réfugiés
Giusi Nicolini / Capture d’écran d’un reportage de la Rai
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 97 de Philosophie magazine « Peut-on choisir ses désirs ? », en kiosque le 18 février 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
“Ce qu’il y a de plus scandaleux avec le scandale, écrivait Simone de Beauvoir, c’est que l’on s’y habitue.” Si Giusi Nicolini a reçu, après Taslima Nasreen et Ayaan Hirsi Ali, le prix Simone-de-Beauvoir à Paris le 16 janvier dernier, c’est sans doute que la maire de Lampedusa, île italienne située à 150 km de la Tunisie, a refusé de s’habituer au scandale du sort des migrants qui débarquent sur ses plages depuis plusieurs années.
55 ans, née à Lampedusa, élue maire en 2012, de gauche et écologiste sur une île de pêcheurs conservateurs, cette militante des droits de l’homme, surnommée « la lionne » a d’abord lutté contre la mafia, la corruption et la spéculation immobilière avant de se donner pour tâche, alors que certains envisageaient de transformer l’île en un camp de refoulement, d’accueillir décemment ces hommes, femmes et mineurs non accompagnés qui font la traversée au péril de leur vie. Avec une conviction qu’elle parvient à faire partager à ses administrés : le sort des habitants est lié à celui des réfugiés. En les accueillant, c’est leur propre dignité qu’ils mettent en jeu, leur histoire qu’ils écrivent.