Technologie
Des bactéries pour produire du plastique ? Deleuze y avait déjà pensé
© Zyanya Citlalli/Unsplash
Cet article est réservé aux abonnés.
On connaissait les bactéries mangeuses de plastique. Saviez-vous qu’il existe aussi des bactéries productrices de plastique ? Et qu’elles donnent raison à l’idée avancée par Gilles Deleuze et Félix Guattari selon laquelle le vivant et la machine s’interpénètrent.
Ce sont les conclusions d’une étude récente publiée par une équipe de l’institut coréen Kaist : « Nous rapportons ici la biosynthèse et la caractérisation d’un groupe de biopolymères, les polyester/amides (PEA), chez Escherichia coli. » Si le nom de cette bactérie de vous dit rien, vous avez sûrement déjà croisé sa route : nous lui devons bon nombre de nos diarrhées. Précision nécessaire : les souches capables de produire des composants plastiques sont des souches « génétiquement modifiées ». Étant donné le peu d’enjeux éthiques associés au sort des microorganismes et la vitesse de multiplication des bactéries, il est bien possible que les bioplastiques se développent rapidement dans un avenir proche.
Les (tout) petits producteurs
Ce ne serait pas la première fois que l’être humain exploite ses cousins vivants. Si des animaux et des végétaux, nous tirons principalement des biens alimentaires qui nourrissent notre métabolisme vital, les exemples ne manquent pas où d’autres formes du vivant sont mises au travail pour produire des matières premières non alimentaires. Grâce aux végétaux, nous obtenons du bois, des textiles (lin, coton), du chanvre, du raphia, des colorants ou encore du caoutchouc (à partir du latex d’hévéa notamment, mais le caoutchouc de pissenlit commence aussi à être utilisé pour fabriquer des pneus). Des animaux, nous obtenons de la laine, de la soie, du cuir, du duvet et des plumes, de l’os et de l’ivoire, de la cire, des poils et du crin (pour des brosses), ou encore de la laque naturelle (à partir notamment de la résine sécrétée par la cochenille asiatique).