Descartes, la biographie
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Cet article est issu du numéro 65 de Philosophie magazine « 65 - décembre 2012, janvier 2013 », en kiosque le 29 novembre 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
René Descartes est né le 31 mars 1596 à La Haye, bourgade de Touraine qui a depuis pris son nom. Il reçoit une éducation classique au prestigieux Collège des jésuites de La Flèche (près du Mans). Après son baccalauréat et une licence de droit, il décide de voyager, désireux de découvrir le monde. Il se rend d’abord en Hollande, où il s’enrôle dans l’armée du prince d’Orange et rencontre Isaac Beeckman, docteur en médecine, qui le pousse à approfondir l’étude des mathématiques. En 1619, Descartes, alors en Allemagne, entrevoit avec « enthousiasme » « les fondements d’une science admirable », pressentiment de ce qui deviendra la « méthode ». Il poursuit ses pérégrinations, en Italie notamment, avant de gagner Paris où il fréquente les cercles littéraires, scientifiques et religieux. Sa pensée progresse rapidement et, séduit par l’esprit de tolérance qui y règne, s’installe définitivement en Hollande à partir de 1628. Il y rédige un traité de physique, le Monde, dont il ajourne la publication par prudence : en 1633, Galilée est condamné pour sa thèse du mouvement de la Terre (que Descartes défend également). Son Discours de la méthode paraît en 1637 et il s’attelle ensuite à ses Méditations métaphysiques. Elles sont publiées en latin en 1641 (la première traduction française paraîtra en 1647) et occasionnent d’intenses discussions et polémiques. En 1649, il répond à l’invitation pressante de la reine Christine de Suède et rejoint sa cour à Stockholm. Lui qui aime dormir dix heures par nuit doit donner des leçons de philosophie à 5 heures du matin… et l’hiver est exceptionnellement glacial. Il contracte une pneumonie et en meurt le 11 février 1650, à 53 ans. Mathématicien, physicien, il apparaît de plus comme le « véritable initiateur de la philosophie moderne » (Hegel), en ce qu’il a fondé la connaissance vraie sur le sujet pensant, l’ego cogito.