Dieu reconnaîtra les siens
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Cet article est issu du numéro 25 de Philosophie magazine « 25 - hiver 2008 », en kiosque le 04 décembre 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Jadis, les fondamentalistes américains étaient en opposition frontale avec les catholiques. Aujourd’hui, les catholiques se rapprochent toujours davantage des positions fondamentalistes. » Umberto Eco
« Jadis, les fondamentalistes américains étaient en opposition frontale avec les catholiques. Aujourd’hui, les catholiques se rapprochent toujours davantage des positions fondamentalistes. Et pas seulement en Amérique : regardez, par exemple, le curieux retour de l’antidarwinisme après des années d’un armistice que l’Église avait pour ainsi dire signé avec la théorie de l’évolution. Que l’Église italienne ne se soit pas rangée aux côtés d’un catholique pratiquant comme (le socialiste) Romano Prodi, mais qu’elle soutienne un jouisseur divorcé et laïque [Silvio Berlusconi, NDLR], laisse penser qu’en Italie aussi les voix des croyants sont offertes au premier politicien venu, indépendamment des valeurs religieuses qu’il représente : il suffit qu’il soit susceptible de faire un maximum de concessions à la branche de l’Église la plus rigide sur le plan dogmatique, en échange de son appui. Ce qui illustre un discours tenu par le télévangéliste charismatique Pat Robertson en 1986 : “Je veux penser un système scolaire d’où serait complètement banni l’enseignement humaniste, une société dans laquelle l’Église fondamentaliste aura assumé le contrôle des forces qui déterminent la vie sociale.” »