Là est la question…

“Dois-je partir ou rester ?” Charles Pépin répond à vos dilemmes

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“Dois-je partir ou rester ?” Charles Pépin répond à vos dilemmes

© Alain Pilon/Costume 3 Pièces

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Cet article est issu du numéro 185 de Philosophie magazine « Que puis-je savoir de l’autre ? », en kiosque le 05 décembre 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

LE DILEMME D’AGNÈS
« Je me trouve face à un dilemme lié à l’amour et à l’engagement. Dans une relation, je suis confrontée à une alternative nette : partir ou rester. Rester permet de préserver le bien-être de l’autre. Partir, c’est choisir de me recentrer sur mes propres aspirations, mais au prix de la souffrance de l’autre. Ce dilemme soulève une question plus large. Face à ces choix, où les compromis semblent impossibles, comment trouver une solution éthique qui respecte à la fois soi-même et l’autre ? »


La réponse de Charles Pépin 

Chère Agnès, vous évoquez une alternative « nette » : « partir ou rester »… Mon sentiment est qu’elle est peut-être un peu trop nette ! Vous dites que « rester » revient à « préserver le bien-être de l’autre », tandis que « partir » reviendrait à vous recentrer sur vos « propres aspirations », pour cultiver votre bonheur. Les choses ne sont à mon avis pas si simples, et c’est d’ailleurs pour cette raison que vous vous trouvez devant un dilemme…

En effet, si vous restez pour « le bien-être de l’autre » mais qu’en restant, vous êtes malheureuse, alors vous ne contribuerez nullement au bien-être de l’autre. L’autre en question ne veut probablement pas que vous vous sacrifiiez pour lui mais que vous soyez heureuse à ses côtés, ce qui n’est pas tout à fait la même chose… Cela revient à dire qu’il aspire sans doute moins au « bien-être » que vous évoquez, et qui semble conditionné par le fait de « rester », qu’à un véritable bonheur, partagé, ce qui est bien plus que le simple maintien du statu quo de votre situation de couple… Bref, « rester » ne suffira pas à son bonheur. D’ailleurs, vous semblez en douter, puisque vous employez le terme de « bien-être » et non celui de bonheur… De la même manière, si vous partez pour vous « recentrer » sur vos « propres aspirations », vous n’êtes pas assurée d’être heureuse pour autant, car, parmi vos aspirations, se trouve probablement le bonheur de votre conjoint, voire une vie sans trop de sentiment de culpabilité… Autrement dit, « partir » ne suffira pas à votre bonheur.

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