Là est la question…

“Dois-je rester fidèle à ma vocation si je ne peux plus exercer mon métier correctement ?” Charles Pépin répond à vos dilemmes

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“Dois-je rester fidèle à ma vocation si je ne peux plus exercer mon métier correctement ?” Charles Pépin répond à vos dilemmes

© Alain Pilon/Costume 3 Pièces

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Cet article est issu du numéro 180 de Philosophie magazine « Comment savoir quand on a raison ? », en kiosque le 30 mai 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.


LE DILEMME DE CHRISTIAN
« Médecin psychiatre, je suis déchiré entre rester dans l’hôpital public, ce qui correspond profondément à mes valeurs mais m’oblige à travailler dans des conditions qui ne me permettent pas de faire correctement mon métier, ou “passer dans le privé”, ce qui me permettrait certes d’exercer mon métier dans de bonnes conditions mais en ne soignant que les “riches”, ce qui, pour moi, n’a tout simplement aucun sens. La question n’est même pas celle de ce que je gagne, car, à vrai dire, je n’ai pas besoin de tellement plus que mon salaire dans l’hôpital public pour vivre, et ce que je gagnerais dans une clinique privée ne me ferait pas changer complètement de niveau de vie. La question est vraiment celle des conditions de travail. Dans l’hôpital public, nous manquons de tout : de moyens, d’infirmiers et d’infirmières, de chambres, de lits, de bureaux… Ces conditions déplorables m’empêchent tout simplement de faire mon métier : je ne peux pas passer assez de temps avec chaque patient, j’ai l’impression de devenir une machine à prescrire des médicaments, complètement déshumanisée, pour ne pas dire inutile. Je me suis engagé dans cette voie par sens du service public, mais la tentation est grande de rejoindre, comme bon nombre de mes collègues l’ont déjà fait, une clinique privée… »

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