Drake / “One Dance” / 2016
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Cet article est issu du numéro 111 de Philosophie magazine « L’idéal de simplicité », en kiosque le 06 juillet 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Nous n’avons plus les mêmes chansons en tête qui simplifient notre rapport au monde mais le rendent aussi partageable.
Il n’y a plus de tubes de l’été : chute des ventes de singles, soutien des télévisions aux clips soumis à des règles plus restrictives et multiplication des supports. Impossible, donc, au sein de la rédaction de Philosophie magazine, de se mettre d’accord sur les tubes estivaux de ces trois dernières années : aucune liste ne concordait. L’éclatement de l’offre et des zones d’écoute fait désormais passer à côté de grands « petits » tubes, comme ceux dont le succès est d’abord celui des téléchargements sur Spotify ou Deezer. Ainsi de One Dance interprété par le rappeur canadien Drake – perle RnB minimaliste de deux minutes qui vérifie que la variété populaire n’est pas que surproduction. Avec un texte qui fait froid en plein été : « Je prie pour rentrer entier. » Elle n’avait pourtant aucune chance de croiser mon chemin avant la rédaction de cet article. Alors pleurez : même ceux qui détestaient les tubes radiophoniques par toute saison vont vite sentir la conséquence sociale de cette perte. Nous n’avons plus les mêmes chansons en tête, ne serait-ce que pour s’en moquer ou les détourner ; nous n’avons plus les mêmes images-clichés, celles qui simplifient notre rapport au monde mais le rendent aussi partageable ; nous n’avons plus les mêmes étés.