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Philippe Chevallier. « Une pensée de l’appel et non de l’intime »

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Philippe Chevallier. « Une pensée de l’appel et non de l’intime »

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Cet article est issu du numéro 47 de Philosophie magazine « 47 - mars 2011 », en kiosque le 24 février 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Kierkegaard a longtemps eu pour nous le même visage : celui très idéalisé, dessiné par son cousin, que l’on retrouve sur les trois quarts des couvertures de livres. Un jeune homme aux boucles farouches, les traits légèrement aristocratiques, qui s’accorde bien avec une certaine lecture de l’œuvre : Kierkegaard, ou l’existence passionnément risquée. Exister, c’est faire ce geste inouï de se choisir soi-même et assumer ce choix jusqu’au bout, sans garantie, sans repos. Cette lecture a été celle du XXe siècle, qui a retenu ce dont il avait le plus besoin : remettre l’individu, la liberté et la responsabilité au cœur d’un monde de plus en plus dominé par la technique, les masses, les pouvoirs économiques. Aujourd’hui, si cette exigence demeure, l’héroïsme de l’existence semble à bout de souffle. La sociologie contemporaine nous parle de la “fatigue d’être soi”. L’individu souffre de ne pas être à la hauteur où la modernité l’a placé : trop haut, trop seul.

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