État islamique / Propagande

Philippe-Joseph Salazar: “Une fois le Califat proclamé, le Verbe a une force d’appel”

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Philippe-Joseph Salazar: “Une fois le Califat proclamé, le Verbe a une force d’appel”

Philippe-Joseph Salazar vu par © Gérard Cambon pour Lemieux Éditeur, 2015

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Cet article est issu du numéro 94 de Philosophie magazine « La nature a-t-elle toujours raison ? », en kiosque le 22 octobre 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Professeur de rhétorique au Cap (Afrique du Sud), Philippe-Joseph Salazar a lu les discours de l’État islamique. Selon lui, le Califat se sert du verbe comme d’une arme. D’où la nécessité d’adapter notre propre vocabulaire.

Vous montrez dans votre essai que la parole a une fonction bien précise dans le monde musulman.

Philippe-Joseph Salazar : Lorsqu’on se convertit à l’islam, on prononce une unique formule laconique, presque tautologique : « J’atteste qu’il n’existe pas d’autre dieu qu’Allah et j’atteste que Mahomet est son prophète. » Pour vous convertir au christianisme, vous devez passer par une préparation reproduisant le parcours spirituel du Christ, il y a dialogue avec le prêtre, baptême… L’islam prétend avoir une telle force d’évidence qu’une seule phrase suffit. Par ailleurs, dans le septième verset de la première sourate du Coran, la fatiha, le croyant demande à Dieu de le conduire dans le droit chemin, non pas « celui de ceux qui ont encouru ta colère, ni des égarés ». Ces mots opèrent un partage du monde en trois : ceux qui sont dans le droit chemin (musulmans), ceux qui encourent la colère divine (juifs), ceux qui sont égarés (chrétiens).

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