Le Prix Bristol des Lumières récompense Philippe-Joseph Salazar et Byung Chul-Han

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Le Prix Bristol des Lumières récompense Philippe-Joseph Salazar et Byung Chul-Han

Les jurés du Prix Bristol des Lumières. De gauche à droite: François de Closets, André Bercoff, Jacques Attali, Luc Ferry, Roger-Pol Droit, Malek Chebel, Olivier Poivre d'Arvor, Caroline Fourest, Christophe Barbier, Alexandre Lacroix. Est absente Aude Lancelin © Éric Deniset

Le Prix Bristol des Lumières 2015 récompense, ce jeudi 12 novembre, l'essai de Philippe-Joseph Salazar intitulé “Paroles armées” et, dans la catégorie essai étranger, l’ouvrage du philosophe allemand d’origine coréenne Byung Chul-Han: “Dans la nuée, réflexions sur le numérique”.

La seconde édition du Prix Bristol des Lumières récompense Philippe-Joseph Salazar pour son essai intitulé Paroles armées (Lemieux éditeur). Dans ce dernier, l’auteur, rhétoricien à l’Université du Cap (Afrique du Sud), décortique le lexique et la logique dont usent les djihadistes.

Auteur notammnent de L'Hyperpolitique (Klincksieck,2009) et Paroles de leaders (François Bourin, 2011), il montre dans Paroles armées combien « le Verbe a une force d’appel » dans le monde musulman et critique le vocabulaire inapproprié des leaders et des médias occidentaux pour rendre compte de « stratégies violentes de persuasion ».

Dans un entretien qu’il nous accordait, il précisait ainsi : « on ne sait plus ce que signifie la Terreur ou le terrorisme. […] Étymologiquement, “terroriser” signifie “chasser du territoire”. L’usage de la Terreur par le Califat est un acte d’appropriation territoriale, ni plus ni moins. »

Le lauréat succède à Olivier Rey, récompensé l’an passé pour Une question de taille (Stock, 2014)


Prix de l’essai étranger

Dans la catégorie essai étranger, le philosophe allemand d'origine coréenne Byung-Chul Han est distingué pour son essai intitulé Dans la nuée, réflexions sur le numérique (Actes Sud, 2015), une brillante méditation sur la condition de l’homme digital, l’ère du numérique et la dispersion dans le cloud. Dans le grand entretien que nous menions avec lui en début d’année, l’auteur mettanit en garde contre une « nouvelle maladie de la société de l’information. Elle s’appelle Information Fatigue Syndrom [syndrome de la fatigue informationnelle]. L’un de ses symptômes est la paralysie de la capacité analytique. Au cœur du flot de l’information, on n’est manifestement plus en mesure de distinguer l’essentiel de l’inessentiel. Fait intéressant, un autre symptôme en est l’incapacité d’assumer une responsabilité. […] Le digital lui-même fait pression vers la transparence. Quand j’appuie sur une touche de l’ordinateur, j’obtiens un résultat immédiat. La temporalité de la société de la transparence, c’est l’immédiateté, le temps authentique. Le bouchon, l’embouteillage de l’information, n’est plus toléré. Tout doit se montrer dans l’actualité de la visibilité immédiate. »


Jury

Le prix Bristol des Lumières récompense l’auteur d’un essai philosophique, politique ou de société. Le jury présidé par Jacques Attali se compose de personnalités du monde littéraire et médiatique. Aux côtés d’Alexandre Lacroix, directeur de la rédaction de Philosophie magazine: l'essayiste Caroline Fourest, la journaliste Aude Lancelin, l'écrivain Roger-Pol Droit, Luc Ferry, le directeur de France Culture Olivier Poivre d'Arvor, le journaliste Christophe Barbier, l'écrivain André Bercoff, l’anthropologue Malek Chebel et le journaliste François de Closets.