Du bon usage de la liberté

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Cet article est issu du numéro 106 de Philosophie magazine « De quoi la gauche est-elle malade ? », en kiosque le 19 janvier 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Recherches scientifiques, écrits philosophiques, rêves et voyages… Biographie d'un esprit libre.

René Descartes naît le 31 mars 1596 à La Haye, en Touraine. Son père, Joachim, est conseiller au parlement de Bretagne, à Rennes ; sa mère, Jeanne, meurt à peine un an après sa naissance. La maison est cernée par la campagne, il y aiguise peut-être son observation de la nature. En 1607, il entre au collège de La Flèche où l’enseignement se partage entre logique, physique, puis métaphysique. Verdict du jeune élève : « Je me plaisais surtout aux mathématiques », quand « les écrits des anciens païens qui traitent des mœurs » lui apparaissent comme « des palais fort superbes ». Il poursuit des études de droit à Poitiers en 1615-1616, puis s’engage dans une école militaire en Hollande – la guerre de Trente Ans se prépare… À Breda, il rencontre le physicien Isaac Beeckman, qui le tire de l’ennui de « l’ignorance militaire ». C’est pour lui qu’il écrit son premier ouvrage en 1618, un Abrégé de musique. Dans la nuit du 10 au 11 novembre 1619, « alors qu[’il] étai[t] plein d’enthousiasme et en train de découvrir les fondements de la science admirable », il fait plusieurs rêves qui décident de sa vocation – prémices à la Méthode, soit l’idée que la science doit fournir le modèle de tout savoir. Après avoir renoncé à une carrière militaire, il voyage de 1620 à 1628, se fait connaître du monde et rédige plusieurs traités de mathématiques. En 1629, il s’installe définitivement en Hollande, où « la pureté et la sécheresse de l’air semblaient plus propres aux productions de l’esprit ». Il y écrit le Discours de la méthode (1637), les Méditations métaphysiques (1641) et les Principes de la philosophie (1644). En 1643, il rencontre la princesse Élisabeth de Bohême. Leur correspondance intellectuellement stimulante, puis les conversations avec la reine Christine de Suède, dont il devient le tuteur en 1649, inspirent à Descartes son traité sur Les Passions de l’âme. Ses dernières réflexions sur la vertu et le bon usage de la liberté sont pour lui comme un remède : « De façon qu’au lieu de trouver les moyens de conserver la vie […] j’en ai trouvé un […] bien plus sûr, qui est de ne pas craindre la mort. » Il meurt à Stockholm le 11 février 1650.