Le diable dans les détails

Du plaisir à l'addiction

Temps de lecture : 3 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 56 de Philosophie magazine « 56 - février 2012 », en kiosque le 20 janvier 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Ivresse et états modifiés de conscience sont aujourd’hui accessibles aux masses. Des substances – licites ou non – de plus en plus puissantes sont à la disposition de quiconque cherche son shoot. Est-il alors si stupéfiant de devenir accro ?

Malgré les éloges que Rabelais fait du pantagruélion (Cannabis sativa) et de la dive bouteille dans le Tiers Livre des faicts et dicts héroïques du noble Pantagruel (1546), les hommes du passé disposaient de moyens limités de s’intoxiquer. Ils pouvaient certes célébrer Bacchus et s’étourdir de danses et de musique, voire des fumées de quelques plantes plus propices au voyage, mais les moyens de l’excès étaient réduits. Avant les grandes découvertes du XVIe siècle, ni tabac, ni café, ni thé, ni chocolat ; du vin certes, mais difficile à conserver et en quantité limitée ; des bières fabriquées pour l’occasion et soumises aux mêmes restrictions ; à peu près pas de distillation faute de moyens techniques et plus encore de produits à distiller, d’abord destinés à l’alimentation. Il y avait bien des fêtes ou des carnavals, temps de transgression ritualisée, mais le recours aux drogues et excitants était circonscrit autant par l’organisation sociale que, plus bêtement, par la limitation des moyens.

Cet article est réservé aux abonnés