Hors-série “Le Seigneur des anneaux”

Édito : comment garder espoir dans un monde qui s’effondre

Temps de lecture : 3 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du Hors-série n°N° 54 de Philosophie magazine « “Le Seigneur des anneaux”. Le mythe Tolkien », en kiosque le 21 juillet 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Le plaisir que donne Tolkien, écrit Julien Gracq à propos du chef-d’œuvre que représente Le Seigneur des anneaux à ses yeux, est d’abord un plaisir d’affranchissement. La terre est neuve, la page est vierge, rien n’a encore été dit, la pure ivresse d’inventer se donne carrière : à bride abattue, en avant ! »

Et en avant je suis allé. Ventre à terre même, lorsque j’ai entamé, page à page, le long périple du porteur de l’Anneau. C’était en 1973, dans un gros livre publié chez Christian Bourgois, je m’en souviens encore, à la couverture bleue tirant sur le violet d’évêque. À l’époque, les jeunes lecteurs dont j’étais, avaient le sentiment d’appartenir à un club exclusif et secret, disciples d’une culture underground, dans laquelle la Terre du Milieu offrait une destination non moins désirable – mais plus immédiate (et aussi moins déceptive, mais nous l’ignorions alors) – que les chemins de Katmandou. C’était, dit encore Gracq, « le surgissement du tout autre en littérature ».

Cet article est réservé aux abonnés