International
En Azerbaïdjan, la rhétorique anticolonialiste mobilisée par le pouvoir autoritaire contre la France
Vladimir Poutine (à dr.) et le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev au Kremlin, à Moscou (Russie), le 22 avril 2024. © Gavriil Grigorov/Pool/AFP
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Si la Russie déploie des arguments anticolonialistes contre le camp occidental pour justifier sa guerre en Ukraine, l’Azerbaïdjan n’est pas en reste. La pétro-dictature déploie un arsenal intellectuel pour tenter d’affaiblir la politique pro-arménienne de la France.
Mais à quoi joue Bakou ? Le 16 avril dernier, l’ambassadrice française en Azerbaïdjan a été rappelée à Paris pour « consultation » ; deux jours plus tard, l’élue indépendantiste kanake Omayra Naisseline signait un mémorandum officialisant une coopération entre le Parlement d’Azerbaïdjan et le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, instance délibérative de ce territoire français aux velléités indépendantistes. L’accord prévoit des partenariats culturels et sportifs, ainsi que la formation de parlementaires, sur fond de promotion du mouvement indépendantiste kanak par le pouvoir azerbaïdjanais.
La politique pro-arménienne de la France dans le viseur
Comprendre cet étrange partenariat entre la pétro-dictature du président Ilham Aliyev « réélu » en février dernier avec 92% des suffrages et les indépendantistes kanaks exige un petit retour en arrière. La dernière guerre entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, à l’automne 2023, s’est soldée par l’annexion de l’enclave indépendantiste arménienne du Haut-Karabagh par l’Azerbaïdjan, provoquant au passage l’exode de près de 120 000 Arméniens. Alliée et supposée protectrice d’Erevan contre les velléités guerrières de Bakou, Moscou n’a pas levé le petit doigt lors de ce dernier affrontement. En renforçant sa proximité avec l’Azerbaïdjan, elle conserve des troupes en Arménie, dont le premier ministre Nikol Pachinian tente alors des rapprochements avec l’Occident, à travers des exercices militaires avec les États-Unis en septembre et un partenariat militaire avec la France établi en octobre.